C'est con de se dire qu'écrire les choses telle qu'on les pense, c'est dure.
J'avais décider d'envoyer une lettre à une amie. Une longue lettre parce que ça fait longtemps que je ne lui ai pas écrit. Mais voila, je suis une putain de perfectionniste.
Cette lettre il faut qu'elle soit mon reflet. Alors j'en fais des brouillons, je la rédige un peu plus tout les soirs. Je me dis "ça c'est bien je le garde" et parfois quand je me relis c'est
plutôt merdique.
Entre un style trop enfantin et les phrases pseudo dépréssive, je me frappe la tête contre les murs. Avant c'était facile. Et même aujourd'hui c'est facile parfois. En faite cela dépend des mots
que je veux écrire et surtout surtout à qui je les écris.
Je suis la pure littéraire. La gonzesse qui gratte depuis son plus jeune age. J'ai jamais rien publié, j'aurais pu. Etre une jeune poete maudit, une écrivain au féminin torturée et complètement
givrée, Baudelaire en couche culotte.
Mais j'aime pas les projecteurs, c'est chiant, ça s'attaque à ta vie privée et la mienne n'est pas jolie à voir. Il y a des choses qui doivent rester dans le noir.
Alors voila j'arrive pas à écrire cette lettre correctement. J'ai trop plein de chose à dire. Et trop plein de chose ça me creve la cervelle. Et quand je suis crevée bah soit c'est génial soit
c'est merdique. Hier j'étais génial, y'a deux soirs c'était merdique.
J'ai commencé la troisième histoire qui s'integre dans un putain de receuil de nouvelle que je vais appeler "Nouvelle de nos névroses". Mais voila ça fait juste 3 semaines que je l'ai commencé et
j'en suis même pas à l'ambiance glauque que cette nouvelle doit prendre.
Y'a aussi mon bouquin. Un long long long livre mais justement trop long et affreusement personnel. Ce livre ne sera jamais publié. C'est juste mon défouloir, ma catharsie. Le truc que tu écris pour
te sentir mieux et aussi qui te vide parce que tu mets tout se que tu es dedans et qu'au final t'as l'impression de perdre des parties de toi même.
Je dois finir cette lettre et l'envoyer ensuite. Parce que je sais que la réponse de mon amie sera mordante et d'un cynisme hilarant. Ca me fera du bien, je me sentirais plus sereine et mon coeur
ne crevera plus ma poitrine. Bon point !!! Et je recommencerais à penser blanc jusqu'à que ça redevienne noir. Après on verra.