Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>
Mercredi 16 janvier 2008
      Serons nous un jour ces couples qui s'embrassent sans gène sur les bancs du parc ? Dans notre univers chimérique, enfermé toujours, sans lumière du jour, sans lumière naturelle. Quel teint blafard se reflète dans le miroir de la salle de bain. J'écrase une larme matinale. Des poches de cernes viennent  ajouter une lueur cadavérique .

Trop de temps passé à vivre dans un monde cybernétique. J'ai creusé le terre de Mars et tué des inconnus aux pseudos improbables avec des armes futuristes. Je rêves des bancs du parc. Je les ai juste effleuré du regard, j'ai souhaité sentir leur structure, leur peau froide, métallique. L'odeur des fleurs qui les entourent, j'ai oublié l'odeur des fleurs.

Tout ne sent que le renfermé, la fumée de cigarettes, les pâtes trop cuites. Mes yeux me brulent, ma tête me fait mal. Encore une migraine. La 3ème cette semaine. A force de fixer l'écran de l'ordinateur, les sens en alerte parce que le chef de groupe a signalé des troupes ennemies en direction de notre point.

Je suis à plat ventre, dans la neige, entre un arbre et une voiture. Les points rouges clignotent sur ma carte, merveille du repérage satellite. Ils se rapprochent. Ma Ganz pointée dans leur direction, ma boite de munition sur le coté, ça va être un massacre. Je me dis qu'avant la fin, j'aurais  mon grade de major or. Pour ça je dois tuer. Ca grésille dans mon oreillette. Des pas mécaniques..... oh non !!! un marcheur. Je me lève, je dois me mettre à l'abris. Une rafale, j'entends les balles sifflées à coté de moi. Vite courir vers le bâtiment. Un cri, un son continu, des battements de coeur, je suis morte.

Mon soldat du futur est mort sur le champ de bataille, fauché par une rafale de mitrailleuse. Une mort de 14 secondes et puis la résurrection. Je retourne au combat, je marque des points, j'écoute le son du 2ème ordinateur. Mon compagnon s'amuse beaucoup. Il vient de tuer 4 joueurs en même temps.  Une question et son visage change d'expression. C'est le chef de notre groupe, il donne les ordres. Concentré, il échaffaude des stratégies pour empêcher la progression de l'adversair. Il est dans son jeu, je ne suis plus là physiquement dans la pièce, avec lui. Je suis juste un pseudo, un soldat parmi tant d'autres. Je fais partie du jeu. Il ne voit pas mon regard triste, mon sourire sans joie.

Ma tête, c'est insupportable. J'ai peu dormis. J'ai mal au ventre. Mon compagnon, à peine levé, est déjà sur l'ordinateur, à rassembler la team. Encore une journée volets fermés.  Il parait qu'il fait beau dehors. Je rêve des bancs du parc, des rires des oiseaux. Mon poignet me fait mal, sous mes doigts coule un liquide chaud.

Je me vois dans le parc.  La chaleur du soleil me caresse le visage. C'est doux, c'est chaud. Je sens le vent à travers mes doigts, mes cheveux qui se démêlent. Des rires, des odeurs qui ne me sont plus familières. C'est si bon. Des pas derrière moi. Mon compagnon m'enlace la taille et m'embrasse dans le cou. Je me retourne. Il est si beau à la lumière du soleil.

Tout est noir. Je n'ai plus mal à la tête, mes yeux sont reposés. Il fait doux, il fait bon, je suis sur le banc du parc, seule et j'attend. Je crois que 14 secondes, ça ne suffira pas.
par Mimi la souris publié dans : Mon mauvais goût pour l'écriture
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Commentaires

Aucun commentaire pour cet article

Trackbacks

Aucun trackback pour cet article
 
créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus