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Mardi 26 juin 2007
Il n'y a personne, il n'y a personne, personne ne me voit. Je répète ces mots dans ma tête encore et encore pour me rassurer. Il n'y a personne, il n'y a personne.... Je me cache presque sous ma serviette en me déshabillant. Mes yeux me font mal à force de disséquer chaque coins et recoins de la pièce. Sensation désagréable qu'ils vont sortir de leurs orbites et venir s'écraser conte le carrelage. Je les imagine flaque sanglante dégoulinant entre les interstices du sol. Sous la douche je ne peux m'empêcher de cacher mon corps avec mes mains. C'est stupide on ne peut pas se cacher derrière des mains. La douche sera rapide.

 A peine séchée que je suis déjà habillée. J'attrape mon sac et je sors sans me retourner. La journée sera horriblement désagréable. La fatigue, le manque de sommeil me met de mauvaise humeur. Les heures de colle tombent pour le moindre chuchotement. Irritable et peau de vache, mes élèves n'osent même plus ouvrir la bouche. Et ça m'exaspère encore plus. Je rentre épuisé et jette rageusement mon sac à travers la pièce. Il percute ma lampe de chevet qui se brise sur le sol. Calme, il faut que je me calme.

 Mais j'ai les tripes qui s'écrasent dans mon ventre. Je tourne et retourne. Ma main parcourt le mur à la recherche du moindre détail, d'une bosse. Je ne peux pas rester dans cette pièce. Laissant mes cours dans mon sac, je sors et déambule sans destination dans les rues qui se vident peu à peu. Je n'arrive pas à oublier l'angoisse. Je ne pense qu'à ça. Il est 00h45 quand je rentre enfin chez moi. Le ventre noué, j'en oublis de manger. Et me couche sans certitude de trouver le sommeil. Il ne vient pas.

Mes yeux restent clos, quelque chose est là, il est près de moi. Non je ne veux pas voir, il n'y a personne. Mais je le sens, il me fixe. Mes muscles se crispent, ma mâchoire ne dessert pas. Le sommeil ne vient même plus. C’est une loque humaine qui se lève et titube. J’ai mal partout, courbaturé par cette nuit de cauchemar. Apeuré je n’ose même plus regarder autour de moi. Je n’ose même plus enlever mon pyjama. Je n’ose même plus bouger. Cacher sous ma couette, je m’habille et m’enfuis de ma maison en oubliant mon sac.

Mes cours sont un enfer autant pour mes élèves que pour moi. Je bafouille, reste particulièrement irascible. Un élève tapageur chahute. Il parle, il ne m’écoute pas. Cet élève se moque de moi, il ne me voit pas, ne fait pas attention à mon cour. Il n’a pas le droit. Son rire léger résonne dans ma tête. De la provocation, c’est de la provocation. Il croit imposer sa loi, il croit qu’il peut ne pas m’écouter. Mais pour qui se prend t’il. Les yeux injectés de sang, je hurle son nom. Silence pesant. Plus personne n’ose respirer. Cet élève a déshonorer mon cour, il vient de bafouer mes années d’études. Je me dirige à grande enjambé vers lui. L’attrapant par le col de son tee-shirt, je l’arrache de sa chaise et le jette dans l’allée. L’enfant tente de reculer et fini par s’enfuir de la salle. Mes élèves me regardent effrayés. Je regarde la salle. Et je sors.

Chez moi, la tête me tourne. Il est là, il me regarde, il s’amuse avec moi. Tu es là, je te sens, tu me nargue. Où es tu ? Montre toi enfoiré, montre toi. Les murs bougent, ils se rapprochent. Ils veulent me dominer. Ils sont complices, ils le protègent. Les meubles aussi ils sont de mèches. Je les vois. Ils s’amusent à me torturer. Et là je comprend. Il est dans les murs.

C’est une furie qui se jette sur le papier peint. Il vole en lambeau. Hahaha vous faites moins les fière. Mais non ils me narguent encore, ces murs. Ils le protègent, il est dedans. Folle de rage, j’attrape une chaise et commence à cogner les murs. Je frappe encore et encore. Je détruis à en avoir mal au bras. Des trous commencent à apparaître. Oui je vais vous tuer, vous allez mourir et ensuite je le tuerais lui. Vous avez perdu.

 Mais il n’y a personne derrière les murs. Il est là, il est toujours là, il se moque de moi. Je sens, son souffle, son odeur. Il ne gagnera pas. Les meubles. Il est derrière les meubles. Ma chaise toujours à la main, je la lance contre mon étagère en bois qui se brise et tombe au sol. Ils me regardent ils me regardent tous. Aveuglée je renverse le lit, la table, le frigo et la gazinière. Mais non, il est toujours là. Arrête, arrête, laisse moi. Je ferme mes yeux et plaque mes mains sur mes oreilles. Arrête, arrête, va t’en. Je te déteste, je te hais, barre toi, casse toi, je te hais, je te hais. AHHAHHAHAHAHAHHAHAHAHAHAHAHHAHAHAHAHHAHAHAHAHAHAHAHHAHAHAHAHAHAHHAHAHAHAHAHAHHA. Et de nouveau le trou noir.

C’est aveuglant. Tout est blanc et j’ai le vertige. J’ai mal au mains, j’ai mal au bras. Ma bouche est pâteuse. Je ne peux pas bouger. Tout est blanc, ça fait mal au yeux. Tout est blanc et silencieux. Je relève la tête. NON NON NON, les murs, ils me regardent, ils le protègent, il est là. AU SECOURE AIDEZ MOI......  

par Mimi la souris publié dans : Mon mauvais goût pour l'écriture
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